La chronique d'Albert

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Friday, November 07, 2008

1 Albert Laracine Janvier 1998
Le choix d'un style de prise son stéréophonique pose toujours aux jeunes preneurs de son , et aux autres, des problèmes . Les formateurs constatent que les notions essentielles sont rapidement oubliées et que très vite la monophonie reprend ses droits même si comme alibi elle est répartie sur deux ,ou plus, enceintes . Peut-on essayer de présenter autrement l'ensemble des paramètres qui pourront guider leur choix?
Remarques préliminaires :
e système capteur de sons et le système d'écoute forment un ensemble indissociable, cela semble évident mais il est peut être bon de le rappeler de temps en temps . Jusqu'à ces derniers jours un seul système d'écoute était universellement recommandé pour la stéréophonie : le fameux triangle équilatéral , les systèmes de prise de son étant censés s'y adapter. L'évolution des techniques vers plus de deux voies transmettant un message sonore nécessitant alors plus de deux enceintes acoustiques peut remettre cette "norme" en question . Encore faudra-t-il en trouver une autre aussi universelle, on imagine mal les spectateurs ou auditeurs modifiant l'emplacement de leurs 5 ou 6 ....enceintes selon le C.D. ou l'émission radiophonique ou télévisuelle écoutée .
'auditeur écoute ' sauf de rares exceptions ' dans son environnement habituel Une partie de cet environnement est alors remplacée par un espace artificiel à l'intérieur duquel il entend le programme que l'on a créé pour lui, cette partie est variable et plus ou moins spatiale selon que le programme est monophonique, stéréophonique ,Dolby ou multipistes.
Tentons une analogie avec la reproduction des images:
Tous les systèmes de reproduction d'images fixes ou animées utilisent un cadre (Un espace image ) c'est un tableau, une photographie , un écran de cinéma ou de télévision, à l'imitation d'ailleurs des scènes de spectacles traditionnelles: théâtres, salles de concert .Ces cadres situés dans le cône d'attention sonore et visuel des spectateurs sont de formes et de dimensions variables, mais ils existent et restent constants, le spectateur les appréhende même en absence d'images et de son. Cet espace audiovisuel se substitue à une partie de l'espace naturel du spectateur et dans cet espace les réalisateurs ou metteurs en scène disposent ou font mouvoir des images, des personnages sans que , sauf trucages volontaires , cet espace soit remis en question , ce sont les images qui s'adaptent à lui . Ainsi jamais le spectateur ne quitte son repère de perception
On se rappelle les échecs relatifs de tous les spectacles (Théâtre en rond , cinéma total ,orchestres dispersés etc...) qui transgressent ces règles.
Pour le son la démarche est trop souvent inverse , dans la plupart des cas on sélectionne un certain nombres (quelques dizaines au mieux) de groupes de sons réduits chacun à un point monophonique avec lesquels , naïvement ,on prétend reconstituer une partie d'espace . Comment peut-on penser que ces quelques sons répartis à gauche et à droite puissent avoir les qualités d'un espace, c'est dérisoire : une partie d'espace réel correspondante étant constituée d'une infinité de points sonores, on voit que ces procédés n'ont aucune chance d'avoir un jour la prétention de reconstituer même de loin une image de la réalité . Plus rarement on crée un espace dans un cadre défini par un système "prise de son-écoute" .Pour améliorer véritablement le confort d'écoute (ce qui est la seule justification de la spatialisation des sons) cet espace doit être stable, homogène, indépendant de l'évolution des sons qui vont l'habiter, c'est le cas des systèmes dans lesquels les différences de temps et d'intensité de chaque point sonore parvenant au cerveau des auditeurs sont cohérentes, et fixent chaque micro-élément sonore en un point ,toujours le même, de l'espace reconstitué . D'autres systèmes à deux capteurs comme le X.Y. , le M.S. qui ne tiennent pas compte des différences de temps ou le N.O.S. qui réduit considérablement les différences de niveau restituent bien un espace mais un espace mouvant en fonction du déroulement du programme, ce qui correspond beaucoup moins bien aux critères de perception. Malheureusement même dans ces dernières solutions si un problème d'équilibre de sources sonores se pose, le premier réflexe est de modifier l'espace pour l'adapter à l'équilibre recherché et non l'inverse, en général par des micros d'appoint , ce qui place l'auditeur devant un espace encore plus fluctuant qui lui demande un constant effort d'adaptation, c'est une des raison qui explique qu'une mono qui retransmet un espace ponctuel ,obligatoirement constant , est plus agréable à écouter qu'une une stéréo mal faite.
Toutes les confrontations de systèmes de prise de son effectuées très honnêtement, en aveugle ,que se soit avec des professionnels du son , des auditeurs moyens , des musiciens etc...donnent la préférence aux systèmes respectant la stabilité de l'espace .
C'est à dire que dans le compromis obligatoire entre les très nombreux paramètres existants dans une écoute de ce style, le paramètre "respect de l'espace" est prioritaire on l'appelle "paramètre directeur "
Pourquoi la plupart des professionnels s'obstinent-ils à changer de paramètre directeur quand ils sont en position non plus d'écoute "auditeur" mais d'écoute de création ?
Ils privilégient alors soit un certain équilibre en fréquences, soit la présence égale de toutes les sources ,ou alors le flou artistique , l'ultra lisibilité .... victimes dans ces cas de leur culture trop pointue, d'une conception primaire de la notion d'espace acoustique, d'une lecture trop analytique de partitions ou d'une formation professionnelle mal digérée (souvent issue des techniques monophoniques ) qui se perpétue d'anciens à débutants ,de génération à génération ,et sans jamais être remise sérieusement en question .
La bonne excuse étant que "Les auditeurs préfèrent écouter ainsi", Ah la belle formule ! qui cache en fait l'idée : C'est moi qui décide comment les auditeurs doivent écouter - ah mais ! en contradiction avec toutes les études sérieuses , mais les idées reçues ont la vie dure.
Au cours de discussions entre professionnels ont constate combien ces idées reçues sont ancrées dans les conceptions de chacun malgré leur bonne foi évidente et c'est bien ce qui rend toute évolution difficile .
Auditeurs et professionnels sont unanimes pour penser que la stéréophonie ne permet de retransmettre qu'un espace bien trop restreint et qu'il faut trouver mieux . Dès le début de son exploitation d'autres techniques ont été expérimentées : mur de haut-parleurs , tétraphonie.... Basées sur des conceptions erronées de la perception des sons ces techniques ont eu normalement une vie très courte. La tendance actuelle : multiplication des points d'écoute , ne fait pour les mêmes raisons que multiplier les défauts sans apporter d'amélioration réelle dans la perception . Il est curieux de constater que toutes les conférences , tous les documents traitant de ces systèmes parlent de technique , de réduction de débits , de bande passante tronquée ou conservée , de phases plus ou moins respectées , mais très peu ou pas du tout de l'intérêt sur la perception et encore moins, et pour cause, de la nature des signaux qui doivent alimenter les différentes sources . Des raisons uniquement commerciales sont à l'origine de cette tendance . Mais il est possible que cette fois les auditeurs trompés par la publicité et n’ayant pas d’autre choix adoptent ces conditions , Alors que faire provisoirement sachant que ces solutions ne déboucherons jamais sur un progrès réel ? sans doute limiter les dégâts en étudiant les moins mauvaises façons de les utiliser.
Autre problème actuel (depuis bientôt 25 ans ) : Les rapports son spatial -images télévisuelles. La encore aucune véritable expérimentation n'a été effectuée . Les responsables de prise de son sont alors obligés de s'adapter à des conditions de travail plus ou moins favorables sans véritable concertation avec les autres professionnels de l'équipe de réalisation et de se confronter sans acquis préalables aux problèmes de cohérence , de compatibilité.... Il semble y avoir là une montagne à déplacer ,on se heurte à une indifférence quasi générale ; faut-il essayer de lutter quand même ou se contenter de l'aimable médiocrité actuelle ???
Que faire dans la perspective d'images en relief ???

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